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Vendredi 1er juillet prend effet l’interdiction de circulation dans Paris des véhicules immatriculés avant le 1er janvier 1997.

A défaut de mettre en œuvre un plan ambitieux de lutte contre la pollution de l’air, la Maire de Paris a préféré l’effet d’annonce et la pénalisation des consommateurs.

Cette mesure est une fois de plus emblématique d’une écologie punitive, et économiquement dangereuse (on estime à près d’un milliard d’euros le coût économique d’une telle mesure, avec des effets très négatifs sur le marché automobile de l’occasion et sur la vie quotidienne des franciliens venant travailler à Paris).

En ne punissant que l’ « homo-automobilus », comme s’il n’était que le seul responsable de la pollution, on oublie de traiter les autres facteurs de pollution.

Si les transports représentent 16% des émissions nationales de particules fines PM10 et 59% des émissions d’oxydes d’azote NOx, il faut rapidement trouver des solutions concertées pour réduire la pollution issue du résidentiel tertiaire (48% des émissions de PM2,5, principalement à cause de la combustion du bois), de l’industrie (84% des émissions de SO2) et de l’agriculture (97% des émissions d’ammoniac NH3).

Réduire la pollution de l’air est aussi un enjeu en termes de méthode. Mmes Royal et Hidalgo privilégient depuis le début la sanction et la taxation, ce qui conduit à faire de l’écologie une contrainte au lieu d’en faire une contribution de chacun.

Pour que les mesures de réduction de la pollution de l’air soient comprises et acceptées, il est urgent de rassembler les acteurs autour d’une même table, pour produire des solutions nouvelles et innovantes, dans une démarche volontaire et concertée.  A l’inverse de toujours plus de taxation, il est urgent de promouvoir la méthode de la régulation, issue d’un dialogue ouvert.

L’écologie que nous proposent Mmes Royal et Hidalgo apparaît comme ringarde et floue. Les pastilles multicolores de Mme Royal –  au nombre de sept…et payantes !- ne sont que le recyclage d’une idée des années 90 qui a montré ses limites.

Quant au rapprochement de la fiscalité diesel/essence, il aura fallu le scandale Volkswagen pour la mettre en place, deux mois après d’avoir balayé d’un revers de main la même proposition formulée par la Commission d’enquête sur le coût économique de la pollution de l’air.

Ces faits démontrent une fois de plus que le Gouvernement n’est pas à la hauteur du défi qui nous attend. L’écologie ne peut pas être une simple idéologie frisant parfois le dogmatisme. Il faut que tous prennent part au débat et se sentent concernés par ces préoccupations environnementales.  

L’écologie doit au irriguer toutes les couches de notre économie, pour réussir le pari d’une transition énergétique aboutie, et respectueuse de tous les secteurs d’activité.

Publié dans Actualités
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