Billet d’humeur

Il y a un an, fait inédit, « le » confinement mettait à l’arrêt la moitié de la planète et bousculait nos vies. Un an où tout a changé et où, pourtant, rien ne semble avoir avancé à l’heure des reconfinements territorialisés. 

Face à la sidération, à l’incertitude, à l’inattendu, à l’inconnu, il a fallu s’adapter. S’adapter et apporter des réponses que cette « saleté de virus » s’est employé à déjouer. De réussites mitigées en choix parfois douteux, les décisions de cette année traduisent des carences évidentes. Ce manque de cohérence général rend l’avenir peu lisible, crée des inquiétudes profondes et alimente inutilement le sentiment de défiance qui saisit notre pays depuis quelques temps déjà.  

Nous avons combattu cet ennemi invisible avec des armes à effet immédiat là où certainement, une réflexion plus aboutie inscrite dans le temps long auraient permis d’éviter de se laisser happer par la tyrannie de l’émotion. Bien sûr, il a fallu apporter des réponses instantanées et administratives mais nous avons trop souvent négligé un traitement unanime de l’origine scientifique et médicale du mal, le virus. La solution, sortir de la crise, ne peut venir que de la vaccination que la communauté médicale et scientifique doit porter d’une voix forte et unanime, socle d’un retour de la confiance des populations.  

Comment ne pas reconnaître que nos certitudes passées vacillent devant la COVID-19. Sans céder aux sirènes alarmistes et en nous extrayant du vacarme ambiant, il apparaît que les enjeux de santé, majeurs et fédérateurs, croisent et embrassent les défis économiques autant que médicaux. Ceux de recherche et d’innovation autant que de formation. D’aménagement du territoire autant que d’équité sociale. De soin de proximité autant que de lutte contre les maladies graves à l’échelle mondiale. Nous devons aujourd’hui oser faire le lien entre santé et enjeux environnementaux et climatiques car notre responsabilité est d’établir, avec lucidité, une feuille de route pour franchir une nouvelle étape permettant à l’humanité de trouver une voie nouvelle de réussite et de progrès. 

Mais nous devons avant, retrouver les plaisirs simples de la vie. Se réunir en famille et entre amis. Les terrasses de cafés. Les moments de détente et de loisir. La pratique sportive. Autant de moments d’épanouissement dont l’absence actuelle nous fait prendre conscience de l’importance qu’ils doivent occuper dans nos vies. 

Crédit photo : Jean-Christophe Panek, France Télévisions. La rue Saint-Jean, à Nancy, durant le confinement