Jeudi 17 novembre, Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances, s’est longuement exprimé à la tribune à l’occasion du début de l’examen du PLF 2023. Le projet de loi de finances (PLF), préparé par le Gouvernement et soumis à l’examen du Parlement, prévoit et autorise l’ensemble des ressources et des charges de l’État pour un exercice budgétaire donné.

Le Gouvernement pour ce projet de loi de finances retient une prévision de croissance de + 2,7 % en 2022 et de >+ 1 % en 2023 déficit public est quant à elle de 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2022 et en 2023. Concernant l’inflation, elle s’établirait en 2022 à près de 6 % et diminuerait en 2023 à 4,2 % en moyenne annuelle. Enfin, le ratio d’endettement serait de 111,2 % du PIB en 2023, après avoir atteint 111,5 % du PIB en 2022.

Le budget que le Gouvernement a présenté au Sénat est celui de tous les records, avec un déficit supérieur à 150 milliards d’euros pour l’année prochaine, un niveau d’emprunts nouveaux s’élevant à 270 milliards d’euros, et un montant d’emprunts à rembourser de 156,5 milliards d’euros.

Le texte contient des mesures visant notamment à :

1ère partie :
– supprimer la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (art 5) ;
– adapter le système fiscal aux enjeux de la transition énergétique (art. 7), avec notamment :
> l’actualisation et la rationalisation du champ d’application du taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique des logements ainsi que sur les travaux de pose, d’installation et d’entretien des infrastructures de recharge pour véhicules électriques aux domiciles des particuliers
> l’adaptation de la taxe d’aménagement à la lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain
> l’ajustement de la réduction d’impôt dont bénéficient les établissements de crédit et les sociétés de financement en contrepartie de l’octroi d’un prêt à taux zéro en faveur des particuliers et des entreprises qui acquièrent, sous conditions de ressources et de domiciliation, un véhicule léger à faibles émissions (« PTZ mobilités »)
renforcer les incitations fiscales à l’utilisation d’énergies renouvelables dans les transports (art. 8) ;
– augmenter le taux de la contribution additionnelle aux primes ou cotisations afférentes aux conventions d’assurance applicable aux exploitations agricoles (art. 11) ;
– faire prendre en charge par Action Logement une partie des contributions des bailleurs sociaux au financement des aides à la pierre (art. 16) ;
– évaluer le prélèvement opéré sur les recettes de l’État au titre de la participation de la France au budget de l’Union européenne : pour 2023, ce montant est évalué à 24,6 milliards d’euros (art. 25).

2ème partie :
– arrêter le soutien à l’export d’hydrocarbures (art. 39) ;
– augmenter la dotation de soutien aux communes pour la protection de la biodiversité et pour la valorisation des aménités rurales (art. 46) ;
– prolonger l’expérimentation concernant les entreprises adaptées (accompagnement de transition professionnelles et création d’entreprise) (art. 47).

En plus de proposer des pistes d’économies au Gouvernement, le Sénat privilégiera donc des solutions pour alléger le fardeau de la dette en renforçant l’efficacité des dispositifs de protection des ménages, les entreprises et les collectivités locales. Parce que les Françaises et les Français attendent beaucoup de ce budget, il nous faudra pour cela des débats aussi apaisés et démocratiques que possibles.