Mercredi 24 octobre, le sénateur Jean-François Husson a pris la parole dans l’hémicycle dans le cadre du débat « Dette publique, dette privée : héritage et nécessité ? » où il a pu à cette occasion alerter sur les menaces que font peser celles-ci sur notre économie :

–       La dette publique a explosé en 40 ans, passant de 20 % du PIB à 100 % aujourd’hui. La charge de la dette absorbe à elle seule plus que ce que rapporte l’impôt sur les bénéfices des entreprises et les taxes sur les carburants ! Désormais, il s’agit du deuxième budget de l’État, avec plus de 41 milliards d’euros.

–      La part de dépenses d’investissements dans les dépenses publiques n’est que de 6 %, en conséquence, la dette française ne crée pas de valeur ou très peu. Il faut ajouter à cela que la France dépense 280 milliards d’euros de plus que l’Allemagne et est devenue depuis 2016 la championne européenne de la dépense publique.

–      La dette privée est également un enjeu de taille. La Banque de France s’inquiète de l’endettement des entreprises qui ne cesse d’augmenter : en mars 2018, cette dette représentait près de 73 % du PIB, alors que la moyenne de la zone euro est de 61 %. Et le Haut Conseil de stabilité financière préconise une « vigilance renforcée » compte-tenu de la dynamique de l’endettement des ménages.

Face à ce constat, il est nécessaire, et c’est une évidence, de continuer la lutte contre la fraude fiscale. Le scandale des « CumEx Files » a révélé que les États européens se seraient fait dérober 55 milliards d’euros pendant quinze ans, et la France de 3 milliards d’euros par an. Mais il s’agit surtout d’agir à tous les niveaux pour réduire l’endettement privé et public, de façon conséquente et durable, avant qu’une nouvelle crise d’ampleur ne survienne et ne crée une spirale négative mortifère.