Nous avions déjà commémoré en 2014 le centenaire de la disparition de ce sénateur de la Loire (1905-1914), premier sénateur à mourir pour la Nation lors de la Première Guerre mondiale.

Quatre ans plus tard, lundi 22 octobre, s’est déroulée à Flirey une cérémonie d’hommage au sénateur Emile Reymond, mort pour la France en 1914 alors qu’il servait comme pilote et observateur à l’escadrille BL 9 sur le front de Lorraine. A cette occasion, j’ai tenu à saluer la mémoire de ce chirurgien passionné par l’aviation. Une plaque commémorative a été inaugurée et une gerbe déposée. Trônait également sur le parvis de l’église de Flirey la réplique exacte de l’avion Blériot XI – 2 à bord duquel volaient Clamadieu et Reymond lors de la bataille de Toul. Cet ouvrage a nécessité 4000 heures de travail à Jean-Louis Benoit, venu d’Avors pour la commémoration.

Né le 9 avril 1865 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), fils de Francisque Reymond, député et sénateur de la Loire, Emile Reymond devient docteur en médecine en 1895, puis chef de clinique à la Faculté de médecine, et chirurgien à l’hôpital de Sèvres.

En 1905, il succède à son père, décédé, au Sénat et s’inscrit au groupe de la Gauche républicaine. Il est secrétaire du Sénat de 1912 à 1914.

Il passe son brevet de pilote en 1910. C’est cette passion des choses de l’air, associée à un patriotisme ardent qui le conduisent à dénoncer à plusieurs reprises notre retard face aux progrès de l’aéronautique allemande et à préconiser la création, au ministère de la Guerre, d’une direction de l’aéronautique.

Dès le début des hostilités, il s’engage comme pilote aviateur et s’imagine utiliser l’avion pour repérer les blessés sur le champ de bataille et faciliter ainsi leur relève. A ce titre, il fait parti des précurseurs de l’aviation sanitaire.

Le 21 octobre, pour accomplir une reconnaissance aérienne, il passe à très basse altitude au-dessus des lignes allemandes stationnées dans le bois de Mort Mare (Flirey). Son appareil est touché et lui-même grièvement blessé par une balle.

Réussissant néanmoins à faire atterrir son avion entre les lignes allemandes et françaises, il fait le mort tandis qu’un combat sanglant se déroule quatre heures durant autour de la machine. Puis la nuit, en dépit de ses blessures et de son âge, il parvient à se dégager de l’appareil et à gagner, en rampant, les lignes françaises.

Conduit à l’hôpital de Toul, il communique avec précision, avant de mourir, le 22 octobre 1914, les résultats de sa mission. Son général lui épingle, sur son lit de mort, la Croix de la Légion d’honneur.

Le 22 décembre 1914, la Haute Assemblée vote à l’unanimité à Emile Reymond l’hommage d’un buste par la motion suivante : « Le Sénat décide d’ériger un buste dans sa galerie pour perpétuer l’image du sénateur Emile Reymond qui illustra la science chirurgicale, honora la tribune du Sénat, contribua plus que tout autre à la création et au développement de l’aviation militaire et, victime de son héroïsme, tomba glorieusement en survolant les armées ennemies. »

Etaient notamment présents lors de cet hommage Monsieur le préfet Eric Freysselinard, le sénateur Olivier Jacquin et notre collègue venu de la Loire Jean-Claude Tissot, ainsi que le maire de Montbrison Christophe Bazile.