Véritable « GIEC de la biodiversité », les scientifiques du monde entier se réunissent à partir d’aujourd’hui et pour une semaine à Paris. Ces experts de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur le biodiversité et les systèmes écosystémiques (IPBES) souhaitent provoquer un sursaut international. Crée sous l’égide de l’ONU en 2012, l’organisme regroupe 132 pays.

En plus du réchauffement climatique qu’il provoque, qui n’est pas sans conséquence sur les êtres vivants, la surexploitation des ressources, la pollution et la prolifération d’espèces envahissantes qui s’en suit, la destruction des habitats sur terre et dans l’eau sont à ranger parmi les causes responsables.

Ils doivent adopter un rapport particulièrement inquiétant sur l’état de notre biodiversité, sur lequel ont travaillé pas moins de 150 chercheurs d’une cinquantaine de pays. Le constat est sans appel : la sixième extinction de masse des espèces est belle et bien en cours. Et contrairement aux cinq précédentes, une seule espèce est responsable : l’homme. 

Au plan local, la prise de conscience est réelle et depuis déjà plusieurs années.

Dans le Grand Est, 353 collectivités ont reçu le label « Commune nature ». Cette distinction identifiée par des libellules sur les panneaux des localités,  récompense leur démarche de réduction et de suppression des pesticides pour l’entretien des espaces verts et des voiries.

Le 19 mai prochain, Grand-Failly, dans le Pays haut, organisera une « journée de l’abeille » et a obtenu le haut patronage du Ministère de l’Agriculture.

La Ville de Houdemont a lancé depuis 2010 l’Observatoire de la biodiversité, faisant appel à la participation des habitants. Elle s’engage également à faire appel à l’expertise d’associations environnementales pour des études et des recensements.

Pour sauvegarder différentes espèces d’amphibiens, le Conseil départemental recense leurs points de passages et accompagne les collectivités et associations souhaitant prendre en charge un dispositif de protection. Ces opérations se déroulent notamment à Champigneulles, Vandeléville, Jeandelize, Thumeréville, Valeroy, Boucq ou encore Villey-Saint-Etienne.

Le Sénat quant à lui, a discuté le projet de loi portant création de l’Office français de la biodiversité au début de ce mois, alertant à cette occasion le gouvernement sur le manque de financement de ce nouvel établissement, alors que la sauvegarde de la biodiversité est un enjeu prioritaire.

Le travail de l’IPBES va permettre aux décideurs politiques du monde entier d’avoir toutes les données les plus récentes en main pour agir. Plus de 3 ans après la COP 21 et les accords de Paris sur le climat et avant la conférence de la Convention sur la diversité biologique, qui se tiendra en décembre 2020 en Chine, il est impératif qu’un accord historique international soit trouvé à cette occasion. Ne rien faire serait une faute.