Le 4 octobre 1958, le Président de la République, René Coty, promulguait la Constitution de la Ve République. Cette Constitution, d’après ses rédacteurs, repose sur l’équilibre institutionnel entre un pouvoir exécutif fort, « déterminant et conduisant la politique de la Nation » et un pouvoir législatif rationnalisé qui « vote les lois, contrôle l’action du Gouvernement et évalue les politiques publiques ». Bicaméral, le Parlement comprend une chambre basse, l’Assemblée nationale, composée de députés représentent la Nation toute entière et une chambre haute, le Sénat, chargé de représenter tous les territoires de la République.

60 ans plus tard, il est temps de nous intéresser aux secrets de sa remarquable longévité. En effet, malgré les crises qui ont jalonné son existence, notre République a su tenir debout, faisant preuve d’une remarquable solidité.  4 alternances, 3 cohabitations, 24 révisions constitutionnelles, autant d’évènements que notre République est parvenue à surmonter.

Aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle réforme institutionnelle, nous devons veiller à préserver l’équilibre des pouvoirs et à renforcer l’efficacité de l’action publique. Cet anniversaire est, comme l’a rappelé Gérard Larcher, hier au perchoir de l’hémicycle du Sénat, « l’occasion de réfléchir à nos fondamentaux, à leur nécessaire évolution lorsque la société change, sans rien céder à l’esprit, qu’il y a 60 ans, a inspiré la réforme de nos institutions ». Guidés par les valeurs qui font la singularité de notre Nation, nous devons œuvrer ensemble, à la construction d’une société fraternelle, davantage respectueuse de l’environnement qui l’entoure et tenant compte des potentiels de l’ensemble de ses concitoyens. Nous devons redessiner les contours d’une République en laquelle nos citoyens aient confiance.

Cette réforme passera nécessairement par une revalorisation du rôle du Parlement et du fonctionnement démocratique de nos institutions, pour que les Français, souverains de la Nation, se sentent pleinement inclus dans une République qui est la leur. Plus que jamais, nous, sénateurs, devons déployer notre énergie au service de la qualité de la loi et de la pleine représentation de nos territoires.

Enfin, si à la question « Quelle est la meilleure Constitution ? », le Général de Gaulle répondait « Dites-moi d’abord pour quel peuple et à quelle époque » dans son discours de Bayeux, c’est précisément parce qu’une Constitution se doit de répondre au mieux aux besoins d’un Etat et de s’adapter aux mutations d’une société. Sans remettre en cause l’essence de notre Ve République, notre défi est donc désormais de faire coïncider l’histoire de la France avec son avenir.