Rapporteur spécial au nom de la commission des Finances sur l’enquête de la Cour des comptes concernant l’arrêt et le démantèlement des installations nucléaires civiles, Jean-François Husson a un grand regret à la suite de la mise en ligne du rapport le 15 septembre : les constats posés par la Cour des Comptes dans son rapport ne figurent pas à l’agenda du plan de relance élaboré par le gouvernement qui n’énonce qu’une stratégie désordonnée et brouillonne sur le nucléaire.

« S’agissant du démantèlement des réacteurs nucléaires, je souhaite qu’il s’opère de manière intelligente, dans une logique écologique et économique. Nous ne pouvons traiter cette question sous l’angle exclusivement politique. Trois enjeux majeurs dominent : 

  • Les coûts de démantèlement qui dépassent les prévisions initiales. Les collectivités territoriales subissent des pertes économiques et fiscales importantes, préjudiciables pour l’avenir. 
  • Le devenir des déchets nucléaires et l’appréciation de leur dangerosité.
  • Les perspectives et choix de remplacement du nucléaire dans le mix énergétique français dans une logique de décarbonation et de contribution à la lutte contre le changement climatique ». 

« Le Gouvernement est à ce stade bien en peine de définir une stratégie claire et robuste pour l’avenir de la filière nucléaire qui réduirait la part du nucléaire dans le mix énergétique sans pour autant mettre en danger l’approvisionnement en électricité de notre pays, dont les coûts supportés par les français sont très compétitifs »

La politique énergétique devrait répondre à une programmation pluriannuelle de 15 ans articulée autour d’autres outils de planification énergétique existants comme la stratégie nationale bas carbone. Les débats parlementaires n’ont pas permis de définir des choix clairs pour l’avenir, répondant aux attentes des français.