Mercredi 10 février, la commission des finances du Sénat a réalisé une série d’auditions sur la soutenabilité de la dette publique, précédée le 27 janvier par l’audition du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Les arguments de chacun, entendus et considérés, nourriront les futurs débats parlementaires sur ces enjeux. Etaient présent :

🔸 M. Olivier BLANCHARD, économiste au Peterson Institute

🔸 Mme Jézabel COUPPEY-SOUBEYRAN, professeur à l’École d’économie de Paris et maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne

🔸 M. François Ecalle, président de l’association « Finances publiques et économie » (Fipeco) et chargé d’enseignement à l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne

🔸 M. Anthony REQUIN, directeur général de l’Agence France Trésor et Mme Amélie VERDIER, directrice du budget, sur la soutenabilité de la dette publique

Si nous devons aujourd’hui privilégier une sortie sanitaire et médicale de la crise que nous traversons, ne soyons pas naïfs sur le « quoiqu’il en coûte » financier du gouvernement.

Nous devrons être en capacité de rembourser la dette contractée et la question de sa soutenabilité devient indispensable. En effet, à l’heure où les règles budgétaires sont « mises de côté », annuler la dette détenue par la Banque Centrale Européenne serait :

🔸Difficile et peu crédible. Cela signifierait remettre définitivement en cause les traités européens tout en générant une véritable crise de confiance chez les détenteurs de la dette publique.

🔸Peu souhaitable. Cette solution de facilité balaierait les efforts français et européens pour assurer notre réussite et notre rayonnement.

Afin de favoriser une attitude responsable face à l’argent mobilisé, le dépassement individuel est aujourd’hui plus qu’hier indispensable pour créer un sursaut collectif de mobilisation et de confiance.

Le 2 mars, le Sénat a débattu sur « la dette publique à l’aune de la crise économique actuelle » à la demande du groupe Les Républicains. Etaient présents Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance ainsi qu’Olivier Dussopt, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance chargé des comptes publics.

Jean-François Husson est intervenu afin de préciser l’avenir de la stratégie budgétaire qui doit se penser en deux temps :

  • Celui de la crise, qui est appelée à durer, où nous devons temporairement soutenir le tissu productif et les ménages.
  • Celui d’après crise où nous devrons stabiliser l’endettement pour rassurer les marchés en maîtrisant la dépense publique et en réfléchissant à des réformes structurelles pour générer des économies tout en préservant les dépenses utiles à la croissance.

L’avenir financier de notre pays se joue à l’échelon national mais également au niveau local où les budgets des collectivités territoriales se dégradent progressivement compromettant les investissements futurs dans nos territoires. Il paraît également essentiel d’investir pour la transition écologique, car ce débat ne doit pas occulter notre « dette climatique ». Chaque euro non dépensé en investissement climat aujourd’hui se reportera sur les générations futures. Ainsi, les services de l’Insee ont récemment évalué notre « dette climatique » à 150 % du PIB. Cela nous donne la mesure des efforts qui seront à entreprendre en la matière.