Le Gouvernement a officiellement dévoilé le 24 septembre, son projet de loi de finances pour 2019, qui sera discuté au Parlement tout au long de cet automne.

À cette occasion, le Sénat a auditionné MM. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre du Budget. Audition au cours de laquelle j’ai souhaité les interpeler sur trois interrogations : l’industrie, le commerce extérieur, et l’enjeu écologique.

L’industrie : j’ai rappelé que le niveau de fiscalité français (25 %), bien au-dessus de ses voisins européens (17 % en moyenne) n’est pas de nature à favoriser notre compétitivité, ce qui in fine, menace la pérennité de notre secteur industriel. Pour aider l’industrie française, il est impératif que des mesures fortes soient portées par ce Projet de Loi de Finances (PLF).

Commerce extérieur : j’ai dénoncé son déficit très important (chiffre) et persistant. Le gouvernement se doit de fixer une trajectoire pour nos entreprises et notre pays, afin de résoudre ce problème de compétitivité globale. Nous sommes en devoir d’exiger des réponses concrètes.

Enjeu écologique : l’annonce d’une forte hausse, assumée, de la fiscalité verte, au nom de la transition énergétique, traduit une nouvelle fois le choix fait d’une écologie punitive : à l’augmentation du prix du baril vient s’ajouter celle des taxes, ce qui revient à « assigner à résidence » les Français qui n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. C’est particulièrement vrai dans les territoires ruraux, qui ne peuvent s’appuyer sur un réseau dense et performant de transports publics. Les compensations mentionnées en retour : la prime à la conversion et l’augmentation du chèque énergie sont des compensations bien faibles et pas à la hauteur de la perte de pouvoir d’achat que va engendrer cette véritable « fiscalité de rendement ».

Ce gouvernement déclare vouloir au travers de ce PLF redonner du pouvoir d’achat aux Français. Cependant, entre hausse de la fiscalité et désindexation des prestations sociales, il s’agit sans doute d’une occasion manquée. Le « ras le bol fiscal » que redoute tant le Président de la République, est peut-être déjà… en marche !

Vous pouvez retrouver mon intervention lors de l’audition ci-dessous, et la réponse donnée par la suite de Bruno Le Maire.