Aujourd’hui, presque un an jour pour jour après son décès, Simone Veil fait son entrée au Panthéon, aux côtés de son époux Antoine Veil. Grand témoin de la Shoah, icône du combat des droits des femmes, bâtisseuse de l’Union Européenne, l’ancienne ministre est la cinquième femme française à rejoindre le monument des « Grands Hommes ».

Humaniste convaincue malgré l’horreur des camps qu’elle a vécue, elle se battra tout au long de sa vie pour que la liberté de chacun et la dignité de tous soient respectées et appliquées par et pour tous les citoyens, sans distinction de sexe, de religion, de vécu.

Un parcours partagé avec un Lorrain, énarque, Antoine Veil , natif de Blamont et qui a d’abord grandi en Meurthe-&-Moselle , dans la vallée de la Vezouze. Fils d’industriel, il fera ses études à Nancy, puis Grenoble et Paris, où il échappera de peu à la déportation. Pendant 67 ans, il accompagnera son épouse, notamment dans ses combats, ou plutôt ceux qu’elle a menés pour les autres, et qui l’ont élevée au rang de personnalités préférées des Français pendant tant d’années.

Ministre de la Santé, elle sera en 1975 la figure de proue de la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, encadrant une dépénalisation de l’avortement en France. Une loi qu’elle portera pour toutes les femmes, pour que celles-ci aient un corps sur lequel leur pouvoir est reconnu, celui de leur liberté, de leur choix.

Ses combats ne s’arrêteront pas là. Européenne déterminée, elle est convaincue que seule une entente forte et en confiance entre la France et l’Allemagne est la solution. Une solution pour panser les blessures, une solution pour penser l’avenir. Un message qui à cette heure nous revient au visage, comme si soufflait sur le chemin où nous nous engageons un vent de repli sur soi, tant éloignés des valeurs encouragées par ces deux grands représentants de la France.

Porter la voix des autres est une chance. En faire quelque chose est une décision. Comme l’avait prononcé Jean d’Ormesson lorsque Simone Veil entra à l’Académie française, « nous vous aimons Madame », auquel j’ajouterais un simple et immense « merci ».