Le travail parlementaire de Jean Francois Husson au sénat

Cette tribune a été publiée le 9 août 2016 dans le quotidien L'Opinion.

Le 15 juillet 2015, notre commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air chiffrait à 100 milliards d’euros le coût annuel de la pollution atmosphérique pour la France. Un an plus tard, les engagements pris par le Gouvernement pour lutter contre la pollution de l’air s’amoncellent dans un cimetière de promesses non tenues.

Dès lors nous n’éviterons pas de nouveaux pics de pollution. Il n’est pourtant pas admissible qu’alors que le nombre de décès attribuables directement à la pollution de l’air est connu (48 000 par an en France), l’Etat ne se mobilise pas et laisse les collectivités locales seules face à l’inquiétude légitime des populations.
La commission d’enquête avait formulé 61 propositions concrètes couvrant l’ensemble des aspects de la pollution de l’air. On l’ignore trop souvent, mais le trafic automobile de proximité n’est pas la première cause d’émission des particules fines. En France, un tiers des particules provient de zones hors des grandes villes, tandis qu’un autre tiers vient de l’extérieur de nos frontières.

Action coordonnée. Il faut donc mener une action coordonnée au niveau national et au niveau européen. Surtout il faut agir sur toutes les sources de pollution. Le chauffage urbain et les produits agricoles sont des émetteurs de particules fines particulièrement importants. Il faut donc trouver des alternatives pour l’agriculture et permettre à tous les foyers de se chauffer sans mettre en danger leur santé et celle de leurs enfants. La lutte contre les émissions ne doit pas stigmatiser. Les agriculteurs qui utilisent des produits nocifs ou les familles qui n’ont que des cagettes de récupération pour leur chauffage sont les premières victimes de la pollution.
Le gouvernement se contente de manœuvres dilatoires à chaque pic de pollution. Malgré les annonces souvent fracassantes mais finalement toujours décevantes, quelle est la réalité ?

Si l’on écarte les renoncements antérieurs à la publication de notre rapport comme l’abandon de l’éco-taxe – qui coûtera près d’un milliard d’euros à l’Etat-, le bonus-malus écologique à bout de souffle (236 millions d’euros pour 2016 contre 800 millions en 2009), la diminution du soutien aux 27 associations de surveillance de la qualité de l’air, la baisse de 15 % des moyens d’AirParif ou la non-application des zones d’action prioritaire pour l’air, il reste une quantité considérable de renoncements.

Il y eut d’abord la décision de ne pas faire converger les fiscalités essence/diesel – qualifiée d’ineptie par Mme Royal-, puis la non-réforme des limites d’émissions pour les constructeurs automobiles suite à l’affaire Volkswagen. Enfin, comment ne pas évoquer la lenteur invraisemblable dans la mise en place des dispositions des plans d’action pour la qualité de l’air dont nous attendons toujours la mesure phare, les vignettes automobiles. Une absence coupable !

Un an après, le gouvernement doit se ressaisir et arrêter ses incantations à chaque pic de pollution. Il doit enfin conduire la politique publique dont la commission d’enquête lui avait dressé les contours. Il faut cesser l’arbitraire des interdictions de véhicules anciens qui ne pénalise que les plus fragiles, pour embrasser enfin une politique qui fasse durablement évoluer les comportements. Le coût de l’inaction ne cesse de croître. Il y a urgence à agir !

 Vous pouvez retrouver cette tribune sur le site des Républicains au Sénat. 

 
Publié dans Actualités
JoomShaper