Jean-François Husson, rapporteur général du budget et Véronique Guillotin, vice-Présidente de la commission des Affaires sociales, sénateurs de Meurthe-et-Moselle, ont publié ce jour, lundi 4 janvier, une tribune au sujet de la stratégie vaccinale de la France. Vous pouvez la retrouver ci-dessous.

« VACCINATION : de l’ambition à l’action »

La situation épidémique liée à la COVID-19 en Meurthe-et-Moselle est préoccupante tant par la circulation virale très active que par l’extrême fatigue des soignants.

Parce que les données épidémiologiques se dégradent rapidement et dangereusement, le gouvernement a pris la décision d’avancer le couvre-feu de 20h à 18h dès le 2 janvier, comme dans 14 autres départements. Si cette mesure interroge encore certains décideurs et médecins, nous ne pouvons perdre de vue que chaque jour de couvre-feu ou de confinement coûte aussi à l’économie française entre 1 et 2 milliards d’euros qui se transforment immédiatement en dette reposant sur les épaules de tous et davantage encore sur les jeunes générations.

La seule issue favorable à cette pandémie, la lumière au bout du tunnel réside non plus dans l’espoir de la découverte rapide d’un vaccin mais désormais dans l’engagement accéléré d’une politique vaccinale de grande ampleur.

La mise sur le marché d’un premier vaccin Pfeizer/BioNTech et, prochainement d’autres vaccins, permet enfin d’entrevoir à terme une sortie de crise à condition que la couverture vaccinale soit optimale et massive. Elle est la seule arme dont notre pays doit se saisir avec efficacité et rapidité.

Malheureusement, nous regrettons déjà le démarrage poussif, la course de lenteur et le manque d’anticipation qui font prendre du retard à notre pays. Dès l’été 2020, le conseil scientifique avait alerté le gouvernement sur la nécessité d’anticiper sa politique vaccinale : définition des publics cibles, stockage des doses, recueillement des consentements des patients… force est de constater que ce temps n’a pas été mis à profit puisqu’aujourd’hui le recueil du consentement démarre seulement.

Les lourdeurs dans le processus de vaccination ralentissent son déploiement. En « appliquant les règles », la Haute Autorité de Santé, nous fait perdre un temps précieux sans pour autant les adapter aux circonstances si particulières que nous vivons.

À ce titre, la Région Grand Est devrait être le territoire prioritaire de la politique de vaccination pour se donner les meilleures chances de contenir et de combattre le virus.

Il n’est plus temps d’hésiter, de douter et encore moins de complexifier les circuits de décisions.

L’heure n’est plus au tâtonnement, à la marche à petit pas et à la complexification des processus. Chaque jour de retard met en danger nos concitoyens les plus exposés et fragilise notre système de santé.

La France est aujourd’hui le mauvais élève de l’Union Européenne en terme de vaccination contre la Covid-19. C’est inacceptable et intolérable. Songez que depuis la vaccination de la célèbre Mauricette, seules 516 personnes ont bénéficié du vaccin en une semaine alors qu’ils sont plus de 30 000 en Italie et 250 000 en Allemagne par exemple).

Il est urgent de changer de braquet, de simplifier les démarches dans les EHPAD, d’engager une politique vaccinale ambitieuse en s’adressant à un public de patients fragiles plus large, mais aussi de vacciner l’ensemble des Français volontaires en s’appuyant sur la disponibilité et le professionnalisme de nos médecins et infirmiers libéraux, ainsi que nos pharmaciens et du personnel hospitalier.

Une seule exigence doit nous guider : retenir les leçons des 2 premières vagues de la crise sanitaire et donner plus de liberté aux acteurs de terrain : permettre aux médecins de poser des indications vaccinales pour leurs patients les plus fragiles, autoriser plus de professionnels à réaliser l’acte de vaccination. Nous devons également faire confiance aux élus locaux qui ont déjà su contrebalancer les lourdeurs administratives de l’appareil d’État lors des épisodes des masques et des tests qui ont fait éclater au grand jour les carences de la technocratie.

Rappelons enfin que sans responsabilité individuelle, il ne saurait y avoir de solidarité collective efficace.

Nous ne sortirons du confinement des esprits que par un retour de la confiance si bien incarnée par les personnels de santé et les élus locaux.