Ce Mercredi 21 avril, durant toute la journée, Jean-François Husson, en tant que rapporteur général du budget, a organisé avec la commission des Finances du Sénat une journée d’auditions sur les prêts garantis par l’État (PGE) à Nancy avec de nombreux acteurs du territoire. L’objectif était d’alimenter son futur rapport sur le sujet, et aider à préparer la sortie de crise.

5 000 entreprises de Meurthe-et-Moselle, soit 25 % de l’ensemble, ont souscrit à un PGE, pour un total de 763 millions d’euros. 88 % des PGE ont été octroyés à des TPE. Au-delà des chiffres globaux, chacun insiste sur la nécessité de faire du cas par cas, dans un dialogue entre l’entreprise et la banque par exemple, pour trouver la meilleure solution ; il n’y a pas de réponse magique, uniforme.

Unanimité également sur l’effet désastreux et préoccupant d’une parole publique, en l’occurrence le ministre Bruno Le Maire qui évoque la possibilité de non-remboursement des PGE, injuste, inéquitable. Alerte et vigilance sur cette cacophonie.

Et si les défaillances d’entreprises, artificiellement réduites par les aides, vont logiquement augmenter à l’avenir, créant un risque d’effet domino, il y a aussi des points positifs : la crise a permis la réalisation de projets « restés dans les cartons ». Dans le Grand Est, l’innovation n’a jamais été aussi stimulée et l’argent public de la relance a été plutôt bien placée dans notre région fortement industrialisée et tournée vers l’export. La crise, finalement, a accéléré la nécessité d’être plus fort, pour se préparer aux enjeux de demain.

Les prêts garantis par l’État se cumulent naturellement avec le reste de la batterie d’aides financières mises en place, notamment le fonds de solidarité. 137 millions d’euros ont été versés aux entreprises du département par ce dernier, pour un montant moyen de 9 511 euros par entreprise. 75 % des aides sont versées dans les trois jours. Les avances remboursables, déployées plus tardivement, ont aussi pu trouver leur public.

Mais l’incertitude de la période actuelle, qui oscille entre soutien et relance, nuit aux acteurs économiques, qui ont un besoin impérieux de visibilité pour préparer l’avenir et investir. L’ampleur de la reprise conditionne en effet très directement la capacité des entreprises à faire face à leurs échéances de remboursement. Au-delà de l’aspect comptable, l’impact psychologique de la crise auprès des chefs d’entreprise est une donnée à prendre en compte.

Rendez-vous deuxième quinzaine de mai pour la présentation du rapport définitif que Jean-François Husson dévoilera au nom de la commission des Finances du Sénat.