À la lecture du programme de stabilité, je suis préoccupé du manque d’anticipation du Gouvernement en matière budgétaire, qui risque de nous conduire dans l’impasse.

La prolongation de la crise sanitaire laisse craindre un affaiblissement durable de la capacité de production des économies européennes par rapport aux États-Unis.

Face à ce risque, il est impératif que la montée en charge du plan de relance français soit aussi rapide que possible, sans qu’il soit nécessaire d’attendre les financements européens.

Une fois la crise surmontée, je partage l’objectif consistant à ramener le déficit public à un niveau proche de 3 % du PIB d’ici 2027, afin de garantir la stabilisation de l’endettement.

Pour ce faire, le Gouvernement entend réaliser 65 milliards d’euros d’économies mais se garde bien d’indiquer comment il compte atteindre son objectif. C’est trop facile !

Par ailleurs, la nécessité d’assurer un financement adéquat des dépenses d’avenir reste l’angle mort de ses réflexions, alors même qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour l’économie française.

Comme l’a récemment rappelé Rexecode, il faudra bien réussir à concilier maîtrise de la dépense courante et hausse des dépenses d’avenir, en particulier dans le domaine climatique

Plutôt que d’avancer sur ces deux fronts, le Gouvernement s’obstine à imaginer un traitement spécifique pour la « dette Covid ». 

Pourtant, le cantonnement ou l’isolement de la « dette Covid » portée par l’État constituerait un « tour de passe-passe » complexe et sans intérêt sur le plan budgétaire. Revenons aux vrais sujets !

Pour ceux qui veulent en savoir plus : http://www.senat.fr/presse/cp20210421.html